Quels paillages naturels utiliser au jardin ?

Quand on parle de paillage, on pense généralement à la paille. C’est un moyen historique de pailler qui reste très utilisé dans les jardins potagers « alternatifs » (pour ne pas tous les nommer). Mais notre blog parle de “beaux” jardins paysagers et la paille n’est pas très esthétique disons-le. Alors quels paillages naturels utiliser ? Tout d’abord commençons pas la base.


La base du jardin : le sol

Qu’est-ce qui forme principalement un sol ?

D’un côté c’est une roche mère qui s’érode et de l’autre côté de l’humus. La roche mère vous ne pouvez pas la changer. L’humus issu principalement de décomposition végétale vous pouvez agir pour l’améliorer et entrer dans un cercle vertueux où le végétal crée ses propres nutriments et cela à l’infini.

Mais alors vous allez nous dire : on parle de quoi ? De paillage ou d’humus ?
Cela est intimement lié. En mettant en place un paillage naturel (végétal) vous allez par la force des choses :

  • nourrir votre sol
  • l’isoler des écarts de température
  • réduire l’évaporation de l’eau présente dans le sol
  • contrôler l’invasion de certaines adventices.

Alors c’est parti pour un petit tour dans le monde du paillage !


Le paillage minéral

Un paillage minéral peu aussi améliorer un sol de part certain de ces éléments qui le compose (l’ardoise) ou de par sa nature (la pouzzolane).

On ne s’attardera pas trop sur le paillage minéral, car son prix est plus élevé que le paillage végétal. Il demande bien souvent d’être protéger par des toiles synthétiques pour prévenir la pousse d’éventuels adventices.

En parlant des toiles synthétiques, on ouvre une parenthèse qui nous tient à cœur dans ce blog. Nous voulons au travers de nos articles prendre la responsabilité envers nos lecteurs et leur environnement. Nous  ferons de notre mieux pour parler des pratiques les plus en adéquation avec la sauvegarde de notre environnement. Cela ne veut pas dire que nous n’utilisons pas de toiles synthétiques, nous le faisons quand aucune autre alternative viable n’est possible. Et si son utilisation est pérenne.


Le paillage végétal


L’écorce de pin, idéale pour les plantes de bruyères

Il y a une vingtaine d’année le paillage d’écorce de pin a fait son apparition dans les jardineries. Il s’agit d’un rebus de la sylviculture. Très abordable au début, il a été victime de son succès. Il est aujourd’hui relativement cher.

Si toutefois vous optiez pour ce dernier, tâchez de prendre un calibrage de 20 mm et pas au-dessus. Car l’aspect du 40 mm est vraiment grossier et n’est pas aussi efficace que le plus petit (il peut s’envoler dans les endroits venteux). L’épaisseur nécessaire est de 5 cm ou plus (lorsqu’il est tassé).

La couleur de ce paillage (marron clair à noir lorsqu’il est humide) fait bien ressortir le feuillage des plantations.

Sachez aussi que le paillage de pin est utilisé à hauteur de 50 % dans le rempotage de toutes les plantes de terres de bruyères (rhododendrons, azalées etc.). Il sera donc intéressant pour pailler les massifs composés de ces derniers, car en se décomposant il apportera naturellement des nutriments de fond et une structure légère de sol. Un autre avantage est sa décomposition assez lente.


Ecorce & copeaux de bois

Ce paillage est arrivé lorsque le prix du paillage de pin n’était plus assez abordable, il était parfois même coloré (une coloration qui ne tenait pas bien sûr…). L’épaisseur nécessaire est de 5 cm minimum comme pour l’écorce de pin. Son aspect esthétique laisse a désiré, il est bon selon nous pour les zones invisibles comme le dessous de haies ou d’arbuste. Il va malgré tout en se décomposant apporté un très bon apport de nutriment carboné et améliore la structure du sol.


Les jolis paillages d’écorce de cacao, de noisette

La mode du recyclage des rebus de l’industrie agroalimentaire a amené beaucoup de paillage assez inattendu dans les jardineries. C’est ainsi que sont arrivés sur nos étales ces « paillages extraordinaires » d’écorce de fèves de cacao et de noisette.

L’aspect du rebus de fèves de cacao est du plus bel effet, la noisette ne s’en sort pas mal aussi. Ces paillages sont très chers, mais en revanche durables. Suivant la taille de vos copeaux, mettez de 5 cm pour du petit copeau à 10 cm d’épaisseur pour du copeau plus grossier qui laisse plus d’interstices.


Paillez avec le Miscanthus

Le paillage de miscanthus est un des derniers à être arrivé sur le marché. Le miscanthus est avant tout cultivé pour servir dans les chaudières biomasse. Son utilisation a vite été détourné au profit du paillage.

En effet ce dernier à un très beau côté esthétique (blanc) et il est de plus très résistant aux intempéries, beaucoup plus que la paille ordinaire, le prix est dans la moyenne des paillages de la même qualité. Mettez une épaisseur de 10 cm pour un meilleur effet.

L’idéal est de planter deux ou trois plants de miscanthus dans son jardin (si on a la place : diamètre 1 à 1,5 mètre par pied) et de récolter chaque hiver les tiges que l’on découpera en tronçon avec un sécateur ou un broyeur de végétaux électrique (attention les broyeurs thermiques sont trop rapides et donne un résultat décevant).

Au Jardin des Lanternes, nous en avons planté plusieurs plants en bordure de terrain, alternés avec d’autres plants comme des bambous. Ils cachent le vis à vis, nous protégent du vent et au printemps on le récolte pour renouveler notre paillage.


Les paillages de finition

Nous classons dans cette catégorie, les paillettes de lin, de chanvre, les cosses de sarrasin, etc qui sont des pailles d’une grande finesse et d’une finition esthétique plutôt adaptée à des petites surfaces (le prix y étant aussi pour quelque chose). Pour pailler un petit massif soigné, pailler un gros pot, 5 cm d’épaisseur sont suffisants car le grain étant fin, il y a peu d’interstice laissant passer la lumière et les éventuelles adventices.

Vous vous rendrez compte avec votre expérience que le paillage blanc ne marche pas à tous les coups dans l’esthétique et les mises en scène et surtout il peut littéralement faire « disparaître » certain feuillage.


Le paillage sauvage et gratuit

C’est le paillage que nous utilisons le plus au Jardin des Lanternes. Par exemple, lorsqu’à l’automne ou après l’hiver, vous nettoyez des massifs, beaucoup de vivaces et d’arbustes laissent des branches sèches. C’est une opportunité pour nous de couper en petits morceaux les brindilles afin d’en faire du paillage. Vous verrez qu’une fois coupées, elles s’intègrent parfaitement au sol de votre massif, c’est un premier gain.

Deuxième gain : pas besoin de trouver un endroit pour jeter ces végétaux. Ils seront digérés par le sol plus vite que vous ne le pensez. Année après année, votre sol va s’enrichir, améliorer sa structure, jusqu’au point où vous n’aurez plus besoin d’outils pour travailler le sol, vos mains suffiront…

Un minimum de 5 cm est nécessaire, à compléter tous les ans car le sol va rapidement le digérer.

L’inconvénient : c’est chronophage. En effet, cela prend un certain temps pour couper en petits morceaux. Mieux vaut être équipé d’un très bon sécateur.

L’avantage : c’est gratuit et déjà sur place !

Gratuit lui-aussi, le paillage de tonte de gazon est réservé à notre potager ou aux pieds de certaines haies non visibles, car comme la paille) nous ne le trouvons pas assez esthétique. Non pas que l’on soit difficile au Jardin des Lanternes, mais nos ressources de paillage étant nombreuses, on sélectionne.

Attention lors de la mise en place du paillage

Certaines plantes sont très sensibles à un excès d’humidité à leur pied, précisément au niveau du collet. Cela peut amener à une pourriture du collet et à la mort de votre plante.

Nous avons donc pris pour habitude de laisser une marge de 5 cm autour du collet des plantes lorsque nous les paillons, afin d’éviter ce désagrément.


Quid du paillage de conifère ?

Nous avons de par deux fois reçu la livraison par notre voisin de 3 camions de paillage de cyprès de Leyland, nous ne les avons pas utilisé pour le potager ni pour les massifs les plus beaux. Nous avons étalé ce paillage sous nos haies séparatives, car ces endroits ne sont pas visibles. Ce paillage est très efficace, il se décompose en deux à trois ans laissant une bonne couche de terreau. Nous y avons depuis planté des vivaces qui se portent très bien.

Certaines personnes ne supportent pas de voir du tout-venant végétal au pied de leur massif. Il ne tient qu’à vous d’utiliser cette méthode dans les parties cachées de vos massifs, ou bien utiliser un broyeur de végétaux pour un meilleur résultat esthétique.

Pour notre part, il nous aura fallu attendre quatre années avant de pouvoir nous acheter un broyeur de végétaux thermique. Notre choix s’est porté sur du thermique car notre jardin est grand et possède de nombreux arbres fruitiers âgés qui doivent être taillés tous les ans.

Nous avons donc investi et nous économisons donc sur d’éventuel achat de paillage qui est maintenant remplacé par notre propre production de copeau de bois.

Paillage réalisé à l'aide de notre broyeur thermique.
Paillage réalisé à l’aide de notre broyeur thermique.

Si le copeau de bois est appliqué au sol dans les trois jours de la taille des arbres, on peut alors parler de BRF (branche ramifiée fragmentée). Les bienfaits sont alors décuplés et la renaissance d’un sol mort est même possible avec cette technique, mais je vous en parlerai plus longuement dans un autre article dévolu à ce sujet.


Conclusion

Un grand choix de paillage est aujourd’hui disponible.

Le paillage est une base pour la protection de votre sol et pour son entretien. A vous donc de faire la part des choses. Quant à savoir quels types de paillage, quelle couleur et quel prix vous voulez utiliser ? C’est à vous de choisir.

La solution d’achat d’un broyeur est à mettre sur la balance. Une grosse économie financière et de temps étant possible.

J’espère que cet article vous a éclairé sur le paillage. N’hésitez pas à nous poser des questions. Nous nous ferons un plaisir de vous répondre.

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