WishList : 10 plantes

Après quarante années de jardinage et de passion pour les plantes et la nature, il serait intéressant de se demander :
– quels sont mes 10 plus grands souhaits ?
– quel est le projet d’achat ou la plante que je rêverai d’avoir en ma possession ?
– quels sont aussi les désillusions qui ont anéanti certaines de mes lubies ?
– quels sont les freins qui ont ralenti certaines de mes envies ?

Vous aussi, vous avez certains rêves réalisés, en attente ou improbables ?

Voici donc la WishList d’un jardinier (bientôt quinquagénaire) :

1 – Un agrume : Citrus paradisi ou Citrus reticulata

Et oui, c’est clairement le ventre qui commande lorsque je pense à la plante de mes rêves.

Alors bien sûr un agrume n’est pas spécialement spectaculaire, ni vraiment impossible à obtenir et à cultiver dans l’hexagone. Mais mes déménagements à répétition ont clairement anéanti tous mes espoirs d’en acquérir un et de le faire prospérer.

Cet agrume aurait été un pamplemoussier (Citrus paradisi), ou un mandarinier sauvage (Citrus reticulata). Un mandarinier sauvage que l’on trouve encore sous les tropiques. Ces mandarines gardent leur peau verte. Elles sont très parfumées et elles ont énormément de pépins. C’est pourquoi elles ont été abandonnées au profit d’hybride moins gustatives et avec des pépins plus petits et moins nombreux.

J’ai pu récemment en remanger à Taiwan. La mandarine là-bas, est la mandarine originelle sans hybridation. Un vrai délice !

2 – Un palmier à fruit : le Butia odorata

Je l’ai rencontré assez tard dans ma vie de jardinier, mais il m’a ébahi, par sa beauté, et aussi par le doux parfum d’ananas de ses fruits.

Là encore, mes déplacements réguliers dans le pays m’ont freiné à acheter ce palmier. D’autant plus qu’il ne commence à produire qu’à l’âge de dix ans environ, et qu’à cet âge il mesure déjà un mètre cinquante d’envergure.

Par contre, il résiste relativement bien aux gelées, il peut donc être planté dans le jardin, dès lors que l’ensoleillement est suffisant et qu’il est protégé des fortes intempéries. Il peut être le seul palmier à fruit comestible cultivable sous nos latitudes.

3 – Le « paw paw » ou l’asiminier – Asiminia triloba

Un arbre fruitier que je connais depuis peu.

L’asiminier vient d’Amérique du nord. Il aime l’ombre étant jeune et ensuite il résiste très bien au soleil une fois mature. Il aime aussi les bords de rivière. Cela en dit long sur cet arbre au feuillage de peu d’attrait mais à la belle floraison couleur lie de vin. Une odeur fétide ce dégage de ses fleurs, par contre ses fruits ont un goût de mangue. 

De la famille des annonacée, il serait pour moi une vengeance personnelle, qui me permettrai d’avoir dans mon jardin un cousin du pommier cannelle (Annona squamosa) et du corossolier (Annona muricata) que l’on connait sous les tropiques. En effet, quel « drame » pour moi de ne pas pouvoir planter ces annonacées dans mon jardin métropolitain. Quelque part heureusement, car la liste aurait été longue si cela avait été possible. Pour le moment ces arbres ont une commercialisation discrète en France.

Je vais donc attendre leur diffusion pour m’en procurer un.

4 – Le « black boy with a lance tree » – Xanthorrhoea australis

Le Xanthorrhoea australis est un poacée d’Australie à l’allure de palmier, avec son feuillage fin et son tronc noir (lorsqu’il a subit un incendie).

Ce qui me plait le plus chez lui c’est sa pousse lente. Un mètre tous les cent ans. Il bat largement en lenteur le dragonnier (Dracena draco). Du coup si vous voulez profiter de cette plante il vous faut vivre aussi vieux que maître Yoda, ou bien avoir un budget jardin plus que confortable (3500 euros environ).

Son nom vient de sa découverte lorsque les premiers explorateurs en Australie ont approché la côte et ont été surpris de voir une armée d’aborigènes noir avec des lances les attendre. Après une inspection plus minutieuse, ils se sont rendu compte qu’il s’agissait de ces plantes munies de leurs mâts floraux qui ressemblent à s’y méprendre à des lances. Une histoire si bien racontée par la guide du Domaine du Rayol.

5 – La Cordyline indivisa

La cordyline est très diffusée dans les parcs et jardins aujourd’hui, mais la Cordyline indivisa, celle dont les feuilles font plus de 20 cm de large et dont le tronc est plus épais, est une plante de collection.

Elle supporte mal les gelées. Elle se plait sur nos littoraux tempérés. J’ai eu la chance d’en cultiver une dans mon jardin en Bretagne. Elle est hélas morte l’hiver de mon déménagement pour les Antilles. Une grosse déception, car elle coutait cher et avait déjà passé deux hivers.

Si je voulais en posséder une aujourd’hui, il faudrait que je change de département… Alors on se fait une raison, comme pour les fruits tropicaux… mais une Cordyline australis pourrait malgré tout trouver sa place dans mon jardin.


6 – Le palmier de Madagascar – Pachypodium lamerei

Le palmier de Madagascar est une bête de concours de beauté et de design : une forme de bouteille avec des épines tout le long, un panache de feuille de palmier et une floraison d’un blanc pur.

Cette plante succulente est une star sous les tropiques, avec sa cousine la rose du désert (Adenium obesum). J’ai pu constater sur Youtube que ces plantes étaient LA référence pour la plantation en pot dans toute l’Indonésie.

Elles supportent la sècheresse, poussent peu et offrent une longue floraison époustouflante. Je me contente donc de l’admirer lors de voyages, comme par exemple au Jardin de Cactus à Lanzarote (Canaries).

7 – Un cornouiller gourmand – Cornus kousa

Le Cornus kousa, un arbre de petite taille qui se plait à l’abri du vent et au frais. Il est caduque. Sa floraison généreuse de grosses fleurs crucifères blanc rosé, qui survient avant le débourrage est à elle seule un spectacle.

Par la suite pendant l’été, de grosses fraises rouges comestibles apparaissent. Elles aussi sont un joli décor pour le jardin. J’ai pu goûter ces fruits au Jardin du Conservatoire botanique national de Brest (Vallon du Stang-Alar). Cet arbre et son fruit m’ont marqué durablement.

C’est une plante que j’obtiendrai forcément un jour. Il existe plusieurs cornouillers à la floraison spectaculaire et ils mériteraient notre intérêt.

8 – Un conifère préhistorique : le Podocarpus salignus

Le Podocarpus salignus, un conifère aux épines étranges. En effet, cet arbre contrairement à ses cousins d’Europe a des feuilles très épaisses qui ressemblent à celles du Cyca revoluta (plante exotique). Du coup, son apparence est très particulière.

Tous les deux viennent de l’ère des dinosaures. Le Podocarpus supporte mal lui aussi les fortes gelées, mais à l’orée d’un sous-bois tempéré, il se plaira facilement. Certaines variétés de Podocarpus sont vendues comme plante d’intérieure, leur pousse lente facilitant leur adoption.

Un autre conifère préhistorique est à retenir : le Sciadopitys, lui aussi à des épines très épaisses avec un vrai port en cône.


9 – Des oreilles d’ânes – Rhododendrons prostitum

La famille des azalées me plait beaucoup. Particulièrement les azalées naines qui sont peu diffusées. Je les aime pour leur port compacte en forme de boule lorsqu’elles sont taillées à la japonaise. La cerise sur le gâteau est leur floraison. A ce moment, les feuilles disparaissent sous l’épais manteau de fleur. Les Rhododendrons yakushimanum sont mes favoris pour les mêmes critères que les azalées. Ils ont juste des feuilles plus grosses.

L’exception dans cette famille est le Rhododendron prostitum (il en existe d’autres variétés aussi belles). En effet cette variété à des feuilles énormes (d’où son nom oreille d’âne) : jusqu’à 40 cm de long et 10 cm de large. Spectaculaire, la floraison n’est pas en reste, même si elle est moins abondante que sur les plus petites variétés. Cette dernière variété serait mon choix pour une obtention future.

10 – L’Echium wildpretti : un cierge fleuri de trois mètres de haut

Une vivace d’exception qui a été une révélation pour moi.

J’ai été estomaqué lorsque je l’ai vu. J’ai dû lever la tête encore et encore pour en voir la fin. Une fleur composée GEANTE. Une sorte de building à bourdons et abeilles. Bienvenue chez Maya l’abeille en l’an 3000…

Comment une telle fleur peut-elle existée ?

Originaire des Canaries, il n’y a que sous un climat doux qu’elles peuvent être plantées. Il faut attendre deux ans pour en voir la floraison. Sa petite sœur Echium gentianoides est un arbuste, donc plus résistant. De plus, vous profitez de sa floraison plus rapidement et tous les ans. Par contre les fleurs sont plus petites, mais leur couleur d’un bleu profond est très belle.

Réflexion 

En écrivant cet article, je me rends compte à quel point le jardin méditerranéen du Domaine du Rayol m’a marqué. Notamment par l’environnement, par les plantes d’exception qui s’y trouvent, et par le récit de la guide. Il n’y a pas un récit sur une plante qui m’ait ennuyé.

J’étais comme dans un rêve ou toutes les plantes étaient à leur place depuis la nuit des temps. Comme si chacune de leur fonction et utilisation avait été décidé par un être divin. Aujourd’hui encore, après toute cette histoire humaine elles sont toujours là, à notre service.

Je fais partie de cet univers. Nuire à l’univers est comme se nuire à soi-même en fin de compte. Avec l’âge, je ne fais que constater la sagesse des peuples primitifs qui chérissent leur environnement plus que leur vie. Du coup ma passion des plantes n’est autre que l’attention que je porte à tous les êtres vivants. J’ai juste l’impression de ne pas être trop égoïste lorsque j’acquière une plante. Du moins, moins égoïste que quelqu’un qui emprisonne un animal pour son propre intérêt.

Mais le collectionneur comme moi ne nuit-il pas à des plantes fragiles en voulant absolument les planter dans un environnement qui ne leur convient pas ? Sommes-nous responsables vis-à-vis de ces êtres ?

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